Mrs DALLOWAY

 de Virginia Woolf 
traduit de l’anglais par Nathalie Azoulai (éd. P.O.L.)

Adaptation et mise en scène
Magali Montoya 

Avec 
Pauline Belle
Jules Churin
Catherine Jabot 
Vincent Guédon
Bénédicte Le Lamer 
Magali Montoya 

Composition musicale
Roberto Basarte 

Lumières 
Jean-Yves Courcoux

Scénographie
Jane Joyet en complicité avec Magali Montoya

Costumes Pauline Pô

Production : Le Solstice d’Hiver
coproduction en cours> en discussion avec Le Quartz Brest, etc..
compagnie conventionnée et soutenue par la DRAC Île-de-France

CREATION PREVUE SAISON 24/25
Proposition d’atelier et de restitution pour des amateurs et spectateurs, que la compagnie souhaite proposer en priorité aux potentiels partenaires de Mrs Dalloway 


Contacts >
direction artistique Magali Montoya +33(0)6 87 22 91 00 – magali.montoya@free.fr
Administration de production Silvia Mammano > lesolsticedhiver@gmail.com
site de la compagnie > lesolsticedhiver.com
Accompagnement production et diffusion collectif&compagnie:
Estelle Delorme > 06 77 13 30 88 – estelle.delorme@collectifetcie.fr
Géraldine Morier-Genoud > O6 20 41 41 25 – geraldine.moriergenoud@collectifetcie.fr


Mrs Dalloway dit qu’elle achèterait les fleurs elle-même
Car Lucy avait déjà bien assez à faire 

C’est ainsi que débute ce roman, Mrs Dalloway, premiers pas d’un poème en marche de Virginia Woolf, nous sommes en 1923, c’est juin, Clarissa Dalloway a 52 ans, et Virginia est dans sa quarante troisième année, quand le roman est publié en 1925  

Une femme marche dans Londres rattrapée par ses souvenirs, sa jeunesse, ses amours, ses amitiés. Ses pensées et conversations imaginaires ou réelles se mêlent et s’entrecroisent sans hiérarchie apparente. Le soir elle donnera une soirée 

Clarissa Dalloway marche dans Londres et Virginia Woolf nous offre une fresque de la ville et de ses habitants, un instant de vie rythmée pour tout un chacun par le carillon de Big Ben. 


« Quelle réussite splendide quand même que Londres, en cette saison, toute cette civilisation » (Mrs Dalloway)

Une manière sensible et physique d’évoquer sa place dans le monde ! 

Qu’est-ce qui se réveille en nous quand les rues, les bruits, le moindre évènement : un avion qui trace des traits dans le ciel, une voiture transportant possiblement la Reine ou le premier ministre, une femme qui chante au coin d’une rue et fait la manche, la vitrine d’un gantier, une jeune femme suivie discrètement par un homme revenu des Indes – sans but, juste pour le plaisir d’imaginer sa vie, par jeu ;
Quand TOUT se met à parler, et devient vivant ! Que se passe-t-il en nous ? 

Du roman à la scène 
Fin mai, avec une équipe que je vais vous présenter dans les pages suivantes, nous avons commencé le travail autour de Mrs Dalloway. 
Nous nous sommes réunis dans un studio à la SACD et avons lu le roman dans l’intégralité à voix haute. Une sorte d’épreuve de l’oralité et de la communauté possible autour d’un projet ; épreuve dont j’ai besoin à chaque fois. 
Une manière de vérifier mon désir et de déclencher celui d’une équipe ! 
Et quand cela opère, je veux dire quand ça « prend » et que le désir s’invite, une machine se met en route et nous nous imaginons déjà sur scène et créons dans nos esprits un cadre, les conditions nécessaires pour dérouler l’histoire sur une scène. 

Ainsi, nous nous sommes arrêtés sur la robe que Clarissa raccommodait P86 et … Et de fil en aiguille, c’est le cas de le dire, nous en sommes arrivés à la présence d’une robe géante au plateau, refuge sous lequel la vie prendrait ses aises, et les personnages iraient et viendraient 
Une robe dont la structure permettrait une évolution scénographique par nos manipulations 
Une robe sous laquelle les rues de Londres pourraient apparaître et disparaître. 

Jules – un des acteurs, a fait un dessin, il n’était pas pour rien dans l’éclosion de cette image ! Et le temps du dessin, et quelques pages plus tard l’image tenait encore 
Nous arrivions P 212 


« Une résille délicate où venait se loger les choses » 
la légende/citation que Jules a donné à son esquisse. 

Nathalie Azoulai, dernière traductrice en date de Mrs Dalloway dit dans sa préface : «  …J’ai compris que chez Virginia, les intentions se chevauchent, qu’elle n’a pas voulu choisir et a préféré tout garder pour charrier dans son récit, plusieurs voix, sa polyphonie va jusque-là, restituer les pensées vocalisées, l’arborescence de nos paroles intérieures, indécises, les voix vives mais aussi les voix éteintes, dans un travail de mixage sonore délicat auquel il a fallu tendre l’oreille avec acharnement »

Ce n’est pas autre chose à quoi nous nous attacherons, 
Faire entendre toutes les voix et créer des ponts d’une page à l’autre …à la manière de cette robe qui apparaît P 86 et qui a pour légende une citation de la page 212 ! 
A la question comment avez-vous travaillé avec les actrices, posée sur un travail précédent je m’amusais à répondre 
« Elles marchent et elles parlent » sans détailler les couches et les épaisseurs de travail que la plongée dans l’œuvre avait nécessité, ni le travail d’effacement, de précision, de soin que j’avais exigé de moi même en premier lieu et de toutes. 

Le chemin que j’aime prendre avec les actrices acteurs, est une invitation à leur propre rencontre avec une œuvre.
J’attends d’eux une écoute de mon intuition à déployer un roman sur la scène. 
La distribution n’est jamais anodine, je pressens en chacun d’eux une rencontre. 
Je le dis ici sans fausse modestie, l’expérience m’a enseignée que ma passion pour une œuvre était communicative. 
Passion et désir côtoient les mêmes eaux.
L’engagement des actrices acteurs fait le reste. Je les trouve souvent héroïques face à mes projets et mes desideratas. Á l’écoute, au service de, et exigeants, audacieux, merveilleux. 
Trouver le cadre qui nous réunira sur scène est ma responsabilité, une affaire de désir encore, et de croyance dans la force d’un certain théâtre ; un théâtre où l’acteur et les mots sont le centre, où l’espace doit être mouvant, se renouveler, respirer avec nous.  
Un théâtre qui embarque le spectateur, le prend par la main et l’invite à un voyage que j’espère toujours inoubliable. 
La musique m’est essentielle dans ces aventures-là ; et ici encore elle jouera son rôle.

Proposition d’atelier et de restitution pour des amateurs et spectateurs, que la compagnie souhaite proposer en priorité aux potentiels partenaires de Mrs Dalloway 

Une chambre à soi d’après le texte de Virginia Woolf – traduction Clara Malraux – et d’autres instants de vies.
Conception et réalisation : Magali Montoya et Cécile Laffon (réalisatrice radio) Une rencontre entre une communauté de personnes et les mots de Virginia Woolf. 

Production Le Solstice d’Hiver. Première expérience et création au théâtre Le Colombier Magnanville mars 2022. Ils, elles avaient entre 16 et 75 ans, ils nous ont accueillies  chez eux ou dans un lieu de leur choix : un salon, un jardin, la maison de l’enfance, les bureaux du théâtre… Ils nous ont permis par leurs récits d’avoir accès à leur Chambre à eux, et ont donné un corps, un écho, à tout ce qui se lève dans le texte de Virginia Woolf. Nous avons ensuite pensé, écrit et donné un spectacle relatant cette aventure.  

Etre en prise directe sur les éléments, en prise directe sur la ville, 
« C’est à l’image de l’eau – qu’elle a tellement aimée » dirait Gisèle Venet. 
Un mouvement perpétuel, une liberté d’aller des êtres aux choses et vise versa, et avec cette liberté, une autre survient, l’invention d’une écriture, l’audace de faire autrement, de bousculer la tradition.
(*Gisèle Venet est une des grandes connaisseuses de l’œuvre de Virginia Woolf, je l’ai rencontrée à l’occasion de la diffusion du Film « Orlando » de Sally Potter rediffusé ce printemps au Louxor, un film merveilleux, sorti en 1992, que j’espère pouvoir faire projeter à l’occasion du spectacle)

Virginia ouvre une porte pour les générations futures d’écrivaines et d’écrivains, pour qui rien ne sera plus comme avant : la permission si ce n’est la responsabilité d’inventer, de s’aventurer avec les mots, et de leur permettre de jouer leur rôle sur la grand scène de la vie.   

Et nous voila toujours sur une crête, toujours en éveil et traversés par les sensations inconnues. Ici me revient une phrase de Bruno Bayen, dramaturge, auteur, metteur en scène qui fait dire à un de ses personnages dans un de ses romans, qui lui même lit V. W : «  Virginia Woolf, ah oui !  la championne de ces affections non encore répertoriées ! »

Virginia, la championne des affections non encore répertoriées et la révolutionnaire aussi 

Virginia était engagée. 
Oui, elle a mené une révolution littéraire, au sens propre du terme, elle a ouvert la voie pour d’autres, pris ce risque-là. 
On connaît aussi son essai Une chambre à soi et ce qu’il défend de la place des femmes dans le monde de l’écriture notamment. Une autre révolution.
Mais on connaît moins l’essai qui a suivi, Trois guinées, à lire de toute urgence (traduit par Léa Gauthier, ed. Rivages poche) où son engagement politique et social culmine.
Publiée en 1938 à la veille de la guerre, elle développe dans cette fiction épistolaire une critique redoutable du patriarcat, du capitalisme en marche déjà, et remet à plat les fondements nécessaires de l’éducation ; et tout ça avec la plume qu’on lui connaît, gouvernée par l’esprit le plus vif qui soit. 
Et c’est un choc politique, intellectuel, en plus d’être encore une fois une démonstration de son talent d’écrivaine incomparable. 

Prendre conscience qu’elle n’est pas seulement une grande auteure – celle qu’on se plait à imaginer évanescente et ténébreuse tout à la fois, chirurgienne des âmes, celle qui met en scène sa propre disparition avec des cailloux dans ses poches pour ne pas remonter à la surface (la surface des choses elle s’en est toujours éloignée, préférant s’aventurer vers l’inconnu et les profondeurs), prendre en considération ses engagements, tous, qu’il soient littéraire ou politique c’est tout simplement rendre davantage justice à son destin et à ce qu’elle nous a transmis. 

Elle est à l’image de ses romans, une incarnation de la liberté  et de l’aventure de la vie ! 
Et avec Mrs Dalloway, avec ce roman particulièrement, elle a donné de la voix à son champ d’expérimentation dans l’écriture, elle a libéré la narration 
Une des raisons pour lesquelles, ce roman appelle l’expérimentation théâtrale ?!
Pourquoi pas !
mais elle n’a pas manqué aussi de signaler ici et là par la présence de Septimus, de Rézia, de Mrs Killman et d’Elisabeth d’autres combats à mener 
– Une des raisons de le porter à la scène ?! Pourquoi pas ! 

Laissons-là nous parler un peu 

En 1908 déjà elle murissait son projet de révolution dans l’écriture 
Lettre à Clive Bell 19 aout 1908 
« Je pense beaucoup à mon avenir et au genre de livre que je vais écrire – à la manière dont je vais redonner forme au roman, capturer des multitudes de choses qui, pour l’instant, m’échappent encore, emprisonner le tout et modeler à l’infini des formes étranges. J’observe le soleil qui se couche sur les bois, fixe les hommes qui cassent les cailloux d’un regard intense, censé rompre les liens qui les rattachent au passé comme au futur – cette exaltation me dure le temps de la promenade, mais je sais bien que demain il me faudra faire face aux mêmes vieilles formules sans vie. »  

Lettre à Gerald Brenan 14 juin 25 
« Il est probable que tous les écrivains d’aujourd’hui sont embarqués dans la même galère. C’est le prix qu’il nous faut payer pour nous être insurgés contre la tradition ; la solitude rend l’écriture plus passionnante encore, même si le fait d’être lu détruit une partie du plaisir. Je crois qu’on devrait aller vivre seul  au fond de la mer avec ses mots. » 

Un peu plus loin dans cette même lettre, à propos de la critique de son roman Mrs Dalloway, par Gerald B. 
et par cette citation, laissons-là introduire elle même le personnage de Septimus,  

« …je viens d’avoir une longue discussion à ce sujet avec Roger, qui n’est absolument pas de votre avis : je dirai même que vos opinions divergent sur pratiquement tous les problèmes importants (les deux dont je me souvienne en ce moment sont Septimus, qui pour Roger est absolument essentiel ; et c’était bien là mon intention – la dépendance de Septimus et Mrs Dalloway, l’un envers l’autre est totale … le second problème est celui du destin : d’après lui dans aucun autre livre le destin ne prend une telle importance. » 

Clarissa, croisera dans cette journée le destin du jeune Septimus 
Septimus Warren Smith, un jeune ex-militaire qui souffre depuis son retour du front d’hallucinations et de schizophrénie. Septimus et Rézia, (Lucrézia son épouse) jeune italienne ayant quitté son pays pour le suivre …Septimus et Rezia que nous croiserons dans les parcs et les rues de Londres, 
Septimus qui le jour de la soirée de Mrs Dalloway se défenestre au moment où le médecin qui le soigne cherche à l’interner. 
Ce médecin, spécialiste qu’il a consulté le jour même est un des invités à la soirée de Mrs Dalloway, et, quand il mentionne devant elle cet événement, quand la mort s’invite à sa soirée, Clarissa est bouleversée par le choix de ce jeune homme que, pourtant, elle ne connaît pas
Oui, je peux dire ici, que la présence de Septimus et de Rézia a été pour moi un déclencheur du désir de mettre en scène particulièrement cette histoire-là 
Est-ce la guerre à nos frontières ? Peut-être, mais je me refuse à faire des allers retours simplistes du roman à son écho 
Je pourrais dire tout autant que le regard porté sur la folie – dont personne n’est exempt le regard porté sur le traitement de ses symptômes m’importent toujours et que Virginia a mis là une dénonciation et un combat qui malheureusement revient s’inscrire dans le présent et convoque notre vigilance. Sans manquer d’évoquer la solitude de Rézia, face à ce drame et son exil qui viennent décupler la tragédie du destin de ces deux jeunes gens.

Lucy, Peter Walsh, Scorpe Purvis, Mrs Foxcroft, Lady Bexborough, John, le Roi, la Reine Elisabeth, Hugh Whitbread, Evelyn Whitbread, Jim, Richard, Fräulein Daniels, Silvia, Fred, Sally Setton, le vieil oncle William, Grizzle le chien, Miss Kilman, Elisabeth, Miss Pym, Edgar J. Watkiss, Septimus Warren Smith, Lucrezia  
Quelques noms des personnages que le roman fait vivre 

Attardons nous un peu sur Peter Walsh, amour de jeunesse de Clarissa, mais qu’elle n’aura pas épousé, portant son choix sur Richard D. pour une vie plus tranquille, à l’abri de l’aventure… 
Peter est parti aux Indes ils ne se sont pas vus depuis cinq ans, il revient le temps du roman pour parler avec ses avocats du divorce d’une femme qui attend cette formalité là-bas pour l’épouser 
Et 
Peter rend visite à Clarissa, 
Et là, Tchekhov peut bien se tenir ! (Pourquoi je convoque Tchekhov ? sans doute parce qu’il est le garant des mots et des maux incarnés sur scène …et puis figurez-vous qu’il apparaît souvent dans la correspondance de Virginia) 

Nous sommes vers la page 86,
Peter arrive chez Clarissa au moment où elle est en train de raccommoder sa robe pour la soirée, Peter dit à Lucy qui peine à le laisser entrer : « si, si je vous assure que moi elle me recevra » 
Clarissa raccommode sa robe, comme si elle tentait de coudre le passé et le présent, 
Et Peter entre. 
Comme si le théâtre entrait dans le roman ! 

Clarissa & Peter 

– …mais qui peut…mais qui peut bien !…
– mais comment allez-vous ? …
– quel bonheur de vous revoir …
– et qu’est-ce que vous fabriquez là ? …
Et voilà elle raccommode sa robe, toujours en train de raccommoder ses robes ! Elle est donc restée assise ici toutes ces années pendant que moi j’étais aux Indes, à raccommoder ses robes, à s’occuper de ses frivolités, de ses soirées, à courir à la Chambre pour un oui pour un non, de plus en plus agacée, de plus en plus agitée, car il y a-t-il rien de pire au monde pour certaines femmes que le mariage ? que la politique ? qu’un mari conservateur, comme l’admirable Richard ?  …

– Richard va très bien, Richard est à la commission…
– Mais c’était si délicieux de l’entendre dire cela : mon cher Peter ! si délicieux …
– Mais c’est si merveilleux que vous soyez justement venu ce matin !…
Vous souvenez-vous comme les stores claquaient à Burton ?
– Absolument…
– Vous souvenez-vous du lac ? dit-elle brusquement sous le coup d’une émotion qui lui serra le cœur, raidit les muscles de sa gorge et crispa ses lèvres dans un spasme autour du mot « lac ». Elle redevenait une enfant qui jetait du pain au canards, entre ses parents, en même temps qu’une adulte qui retrouvait ses parents près du lac, avec sa vie entre ses bras qui, à mesure qu’elle s’approchait d’eux, grandissait dans ses bras, jusqu’à devenir une vie tout entière, une vie achevée, qu’elle déposait devant eux en disant « voici ce que j’en ai fait ! ». Mais qu’en avait-elle fait au juste ? Si ce n’est d’être assise là, ce matin à coudre auprès de Peter. 

Voici de très brèves biographies des actrices et acteurs, et du musicien  

Certaine, certains ont déjà été des spectacles de la compagnie 
Bénédicte Le Lamer (la princesse de Clèves et Les tigres sont plus beaux à voir) et Jules Churin (les tigres sont plus beaux à voir) et Roberto Basarte aussi, le musicien à qui j’ai commandé « les quatre saisons de Mrs Dalloway » a composé et joué toutes les musiques des spectacles de la compagnie 
Pauline Belle, Vincent Guédon et Catherine Jabot, nous nous guettons depuis plus ou moins longtemps et il était temps de passer à l’action ! 
Vous l’aurez compris, Je les aime toutes et tous, et ne pourrai faire sans ce désir-là.

Pauline Belle
Originaire de Dordogne, Pauline Belle est actrice. Formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, promotion 2013, elle fait ses classes auprès de Dominique Valadié. Elle travaille au théâtre avec des auteurs contemporains comme Nicolas Doutey, Christophe Honoré, Annie Ernaux, sous la direction d’Alain Françon, Cécile Backès ou Jean-Paul Wenzel. Titulaire d’un Master de Philosophie, elle est également passée par l’école d’art dramatique Ernst Busch de Berlin. Elle tourne au cinéma, dernièrement avec Louis Séguin, pour Marinaleda (prix d’interprétation au festival de Brive-la-Gaillarde), et prête souvent sa voix pour les fictions de France Culture. 

Jules Churin 
Comédien et compositeur pour le théâtre et le cinéma. Après avoir obtenu sa Licence 1 de mathématiques à la Sorbonne, il décide de s’engager dans le théâtre et le cinéma, et rentre à l’INSAS à Bruxelles en Interprétation Dramatique. Il a depuis joué  dans « les tigres sont plus beaux à voir » d’après Jean Rhys, mis en scène par Magali Montoya, dans « Mémoire de fille » d’Annie Ernaux, mis en scène par Cécile Backès, dans « Should i stay or Should i stay », de Simon Thomas mis en scène par l’auteur , dans « le jeu de l’amour et du hasard » mis en scène par Michel de Warzée et travaille également sur «  Le jour mets des nuits à se lever » de Camille Lockhart mis en scène par l’auteur et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre. 
Il  est apparu dans des séries de Karim Ouaret, Franck Van Mechelen ; ainsi que dans plusieurs dramatiques à France Culture ou la RTBF réalisées notamment par Pascale Tison, « voir la neige pour la première fois » de Gilles Aufray, « les cerfs » de Véronika Mabardi…Il participe régulièrement à l’intime festival en Belgique dirigé par Benoit Poelvoorde

Vincent Guédon
débute par le théâtre universitaire à Angers et le conservatoire d’Angers. Il rejoint le cours de Véronique Nordey à Paris ainsi que l’atelier de Didier-Georges Gabily, puis intègre la deuxième promotion de l’École du Théâtre National de Bretagne à Rennes.
Il a notamment travaillé avec Cédric Gourmelon, Haute surveillance de Jean Genet et Dehors devant la porte de Wolfgang Borchert ; Stanislas Nordey, Violences de Didier-Georges Gabily ; Nadia Vonderheyden, Gibiers du temps de Didier-Georges Gabily ; Pascal Kirsch, Uomini e no de Vittorini, Pauvreté, richesse, homme et bête de Hans Henny Jahnn, Princesse Maleine de Maeterlink, et Solaris, de Stanislas Lem. 
Il a participé au travail du collectif Humanus Gruppo basé à Saint-Jacques de la lande avec lequel il joue dans La Conquête du Pôle sud de Manfred Karge (Mettre en Scène au T.N.B., 2006) puis Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès (T.N.B., Prospero, 2010) dans les mises en scène de Rachid Zanouda. Avec Jean-François Sivadier, il joue dans : Noli me tangere (impromptu pour Mettre en Scène au T.N.B. 1998), La Folle journée ou le Mariage de Figaro de Beaumarchais, Italienne Scène et Orchestre de Jean-François Sivadier, La Mort de Danton de Georg Büchner, Le Roi Lear de Shakespeare, Noli me Tangere 2 de Jean-François Sivadier, Le Misanthrope et Dom Juan de Molière,Portrait de familled’après Les Atrides, L’Ennemi du Peuple, de Ibsen, et Sentinelles, de Jean-François Sivadier.
Il a travaillé également avec la chorégraphe Catherine Diverres, Le Double de la bataille et le chorégraphe Saburo Teshigawara, Luminous. En 2005 il a joué Lenz de Büchner au studio des quatre vents à Bourg en Bresse.                                                                                                       Au cinéma il joue dans les films courts de Mélanie Gerin et Franck Henri, Les vacances de Juan, Le frère de José, Le rêve de Frédérique. Dans le court de Fabienne Malinge, Le prologue du collier de la reine. Dans le long métrage de Sandrine Rinaldi, Cap Nord, ainsi que celui de Alliocha Allard Une villa à Los Angeles.
Il a fait paraître dans l’Impossible, Journal fondé par Michel Butel, Lettre à J.M. (janvier 2012), et Travail (mars 2012) ; il a publié aux éditions d’Ores et déjà Ce qu’on attend de moi (2014) et Le monde me quitte (2016).

Catherine Jabot
travaille d’abord comme éducatrice dans diverses institutions médico-sociales et psychiatriques puis se forme à la danse contemporaine avec Françoise Dupuy, Jean Gaudin. Hervé Diasnas, Heddy Maalem, Françoise Leik… et au théâtre à l’école d’Alain Knapp, elle rencontre Claude Buchvald, Marie Vayssière, Marc François, Gérard Watkins…. Elle étudie le chant avec Martine Viard. Elle rejoint la Cie « Théâtre de la Passerelle » dirigée par Sylvie Lagarde, jouera sous sa direction des créations contemporaines (1993-98 ) Avec Valérie Auber Le Marin, de F.Pessoa (1999) ; Serge Cartellier Agatha de M.Duras, (2003) ; Pascale Nandillon Variations sur la mort de J.Fosse (2004-05). En 2002 elle rencontre Sébastien Derrey, ils fondent ensemble la compagnie Migratori K Merado et elle jouera sous sa direction dans les spectacles de la cie Est de E.Savitzkaya (2004-05), Célébration d’un mariage improbable et illimité (2005) de E. Savitzkaya , En Vie d’après les textes de P.Guyotat(2009-10), Mannekijn de F.Vossier (2012), Tahoe de F.Vossier (2014-15), Amphitryon de Kleist (2016-17), Je pars deux fois de N.Doutey (2019), Dors mon petit enfant de J.Fosse (2020-21), Violente(s) de L.Gauthier (2021). Elle joue dans le spectacle Bit de Maguy Marin (2014). Entre 2005 et 2016 elle dirige des ateliers de théâtre avec Marie José Malis, à l’Espal Le Mans, au Lycée Professionnel de Bagnolet, des ateliers théâtre-vidéo avec le réalisateur Pierre Linguanotto. Avec le plasticien Johnny Lebigot, elle joue dans des lectures- performances autour du projet La Table (2009-15).
Au cinéma elle joue sous la direction de Guillaume Bureau, Pierre Schoeller, François Ozon, Adrien Faucheux, Ursula Meier, Emmanuel Finkiel, Bénédicte Brunet, Simon Bouisson, Virginie Lavalou et récemment avec Marie-Astrid le Theule. 

Bénédicte Le Lamer 
Après une maîtrise de lettres modernes à Paris-Nanterre, elle entre à l’Ecole du Théâtre national de Bretagne. Elle collabore au solo Thulé  du danseur Fabrice Dasse ( Catherine Diverrès) puis fonde avec Camille Boitel, la « cie Lamèreboitel »; ils créent ensemble l’Homme d’Hus au théâtre de la cité internationale.
En parallèle de son parcours de comédienne, notamment auprès de Claude Régy dès 2001 avec  Carnet d’un disparu de L. Janacek, puis Variations sur la mort et Homme sans but, mais aussi avec Yves -Noel Genod,  Alexis ForestierLazareHubert Colas,  Magali Montoya, Gildas Milin), elle co-dirige avec Pascal Kirsch, pendant plusieurs années la cie PeQuod.
En 2013, à la demande de Claude Régy, elle dirige pendant 8 semaines à Shizuoka au Japon la préparation et la sélection des acteurs japonais, pour la pièce « Intérieur » de M. Maeterlinck, qu’il met en scène. Cette dernière expérience l’encourage à poursuivre sur la voie de la mise en scène. En 2016 elle fonde avec Nathan Freyermuth l’Association b&n (Voi Mortali, 2017, L’Inconsolable, 2018 créé à la Ménagerie de Verrepuis L’Hôte en 2022, également à la Ménagerie de Verre).
Avec Magali Montoya elle joue dansLa princesse de Clèves, porté à la scène dans l’intégralité du roman (2016/17) et dans Les Tigres sont plus beaux à voird’après la vie et l’œuvre de Jean Rhys (2020/21)

Le musicien compositeur Roberto Basarte / guitares
Pétri d’influences rock mais aussi de musiques ethniques, électroniques et symphoniques, Roberto Basarte a consacré sa vie à explorer les contrées musicales les plus diverses. De la jungle des villes à celle de l’Amazonie péruvienne, de l’Andalousie à l’Angleterre en passant par le Zaïre, ce chanteur et aventurier de la six cordes est en quête perpétuelle de magie et de poésie.Il est l’un des membres fondateurs du groupe Les Officiels. En 1985 il devient guitariste des Rita Mitsouko. En1986, il est signé par Dave Stewart de Eurythmics, pour son groupe les CenturyBoys(en duo avec Marc Anciaux) sous le label Auxious Music. Cette aventure donne lieu à un film d’Amos Gitaï, « Queen Mary 87 ». A Londres, il travaille avec de nombreux artistes : Jim Nellis, Robert Crash, Tony Haliday (groupe Curve), Alan Moulder, Annie Lennox, Dave Stewart. A son retour en France, François Hadji Lazaro l’invite à rejoindre le groupe Pigalle. Il est également guitariste d’Alan Stivell pour la tournée Brian Boru.  Il mène parallèlement deux projets de world music avec les artistes César Loboko (Zaire) Julius Essok (Cameroun). De 1992 à 2011, il compose pour l’émission « Ushuaia ». 
Débute ensuite son compagnonnage avec Magali Montoya. Depuis 2013, il signe les compositions originales des spectacles du Solstice d’Hiver. D’abord pour un hommage live à Grisélidis Réal et au peintre Ionas ; Puis en 2016/17 il compose et joue sur scène la musique de l’intégrale de La Princesse de Clèves et en 2020/21 Les tigres sont plus beaux à voir et enfin Ainsi parlait Pénélope
Été 18, il donne un concert au Festival Jazz en Morvan à La Rochemillay. Á l’automne 2019 il est invité par Catherine Ringer pour le concert Les Amitsouko, à la Philharmonie de Paris. (Cette soirée unique réunit aussi Lulu Van Trapp, Minuit et Fat White Family).
En Juin 2022 il donne un concert au Carreau du Temple pour l’émission Ocora Couleurs du monde (France musique). Il compose  aujourd’hui ses chansons et musiques et prépare la sortie d’un album Autobiography.

Il y aura aussi sur le projet, 
Jane Joyet scénographe pour imaginer l’écrin de ce récit à travers Londres, et construire une structure mouvante (pour la robe géante, en complicité avec Pauline Pô)

Et Jean Yves Courcoux sera aux lumières. Nous avons travaillé ensemble sur Les tigres sont plus beaux à voir et il était évident que nous nous retrouverions dans le travail.

J’ai dit bien peu ici 
J’ai à peine évoqué Elisabeth, et Mrs Killman, 
Je n’ai même pas eu un mot pour Richard. 
Tout raconter ici, de ce roman sublime, indéniablement un des plus forts de Virginia W. aurait été impossible, vain…Je m’en sortirai mieux en le mettant en scène ! 

Je ne vous ai pas raconté non plus ce que j’ai découvert dans mes recherches : que Virginia et Léonard Woolf avaient été les premiers à éditer des traductions des textes de Freud ! (L’anecdote raconte que les Woolf sont allés rendre visite au père de la psychanalyse quand il s’est exilé en Angleterre. À cette occasion, ce dernier a offert un narcisse à Virginia pour lui renvoyer son orgueil de femme écrivain au visage.)

Rien d’étonnant à ce que celle dont on qualifiait l’écriture de « flux de conscience », ou « stream of consciousness » s’intéresse à la psychanalyse 

Elle qui a su mieux que quiconque révéler les âmes,
Bien que :  
« Saisir une émotion, s’abandonner à elle, l’épuiser et s’en débarrasser, est aussi éprouvant dans la littérature que dans la vie »
Elle, qui me donne le sentiment d’être en présence d’une amie
– une amie avec qui je m’apprête à passer un certain temps jusqu’à la naissance du spectacle ! 
Une femme amoureuse, chaleureuse, drôle, pleine de joie de vivre et d’humour qui fait dire à un personnage d’un autre roman Orlando : 
« La vie est agréable, la vie est bonne, le simple fait d’être en vie est une volupté »

Alors pour clore, disons, ce premier chapitre d’approche,
Voici sa biographie – qui ne fait pas mention de son suicide…et de tous les évènements heureux ou malheureux de sa vie. Une biographie écrite par un autre auteur, pas des moindres, et qui se termine par l’essentiel, vous lirez de vos propres yeux. Et par la voix de Borges je vous confie ce qui m’importe le plus de convoquer, d’espérer sur une scène : l’émotion.
Une biographie synthétique par Jorge Luis Borges (parue le 30 octobre 1936 dans l’hebdomadaire El Hogar dans lequel Borges tenait une chronique littéraire. traduite par Gérard de Cortanze, Tusquets editores, 1987, Barcelone)  :
« On a dit de Virginia Woolf qu’elle était « le premier romancier anglais », la hiérarchie ne compte pas. La littérature n’est pas une joute. Cependant il est indiscutable que nous sommes ici en présence d’une des intelligences et des imaginations parmi les plus délicates d’aujourd’hui, de celles qui cherchent et trouvent de nouvelles voies dans le champ romanesque anglais. 

Adeline Virginia Stephen est née à Londres en 1882. (le premier prénom s’est évanoui dans la nature) Elle est la fille de MR Leslie Stephen, auquel on doit plusieurs biographies de Swift, Johnson, et Hobbes, livres dont le mérite réside essentiellement dans une prose des plus claires et une précision  historique sans défaut, mais qui ignorent tout de l’analyse et de l’invention. 
Adeline est la troisième des quatre enfants du couple. Le peintre Rothenstein en parle comme de quelqu’un « d’absorbée et de silencieuse, toute de noir vêtue, avec le col et les poignets de dentelle blanche », Elle fut, dés sa plus tendre enfance, habituée à ne parler que si elle avait quelque chose à dire. On ne l’envoya jamais à l’école, mais une préceptrice l’initia à la langue grecque. Chaque dimanche, Meredith, Ruskin, Stevenson, John Morley, Gosse et Hardy fréquentaient assidûment la maison familiale. 

Elle passait ses étés en Cornouailles, au bord de la mer, dans une petite maison perdue au milieu d’une propriété aussi immense que désorganisée, avec des terrasses dans tous les coins, un verger et une serre. On retrouvera cette propriété dans un roman de 1927…

En 1912, Virginia Stephen se marie à Londres avec MR Leonard Woolf. Puis le couple achète une presse, attiré qu’il est par la typographie, ce complice de la littérature qui la trahit parfois ; il compose alors et édite ses propres livres. Sans doute pensent-ils tous deux à leur glorieux prédécesseur, le poète et imprimeur William Morris.

Trois ans plus tard, Virginia publie son premier roman : The voyage out. En 1919 paraît Night and Day et en 1922 Jacob’s room. Ce dernier étant déjà très caractéristique du style de son auteur. Il n’y a, au sens propre, aucun argument : son thème en est le caractère d’un homme, étudié non en tant que tel, mais indirectement, grâce aux objets et aux personnes qui lui sont familiers. 

Mrs Dalloway (1925) relate un jour de la vie d’une femme : il n’est pas sans rappeler l’Ulysse de Joyce. To the light House (1927) utilise le même procédé : il montre plusieurs heures de la vie de plusieurs personnes, car ces heures contiennent et leur passé et leur futur. Dans Orlando (1928) apparaît aussi cette préoccupation du temps. Le héros de ce roman très original – sans nul doute le plus intense de Virginia Woolf et l’une des œuvres les plus singulières et les plus désespérées de notre temps – vit trois cents ans et devient, par moments, le symbole de l’Angleterre et de sa poésie en particulier. La magie, l’amertume et la joie collaborent dans ce livre. C’est également un livre musical, non seulement grâce aux vertus euphoniques de sa prose, mais aussi dans la structure même de sa composition faite d’un nombre limité de thèmes qui reviennent et s’entrelacent. Nous entendons aussi cette musique dans  A Room of One’s Own  (1930), roman dans lequel alternent et trouvent ainsi leur équilibre la réalité et le rêve. 

En 1931, Virginia Woolf a publié un nouveau roman, The Waves. Les vagues, qui donnent leur nom à ce livre, reçoivent tout au long du temps et des vicissitudes de ce dernier, le monologue intérieur des personnages. Chaque époque de leur vie correspond à une heure distincte, de l’aube à la tombée de la nuit. Il n’y a ni argument, ni dialogue, ni action. Le livre, cependant, émeut. Comme tous ceux de Virginia Woolf, il est chargé de si délicats faits physiques. »